Claire fut tirée de sa sieste par le téléphone. Elle courut à l’intérieur pour décrocher, et se dit qu’elle aurait mieux fait de rester à dormir quand elle entendit la mère de Marc au bout du fil.
— Bonjour Claire, est-ce que je pourrais parler à Marc, j’ai essayé sur son portable, mais il doit être éteints, je n’arrive à avoir que la messagerie ?
— C’est normal, il coupe toujours son téléphone quand il va faire du vélo.
— Du vélo ? Mais depuis quand Marc fait-il du vélo ?
Ils arrivèrent en fin d’après-midi à la ferme. Claire s’étira en sortant de la voiture. Marc alla ouvrir le coffre pour attraper les valises. En s’approchant de la maison, ils entendirent de la musique percer à travers les murs. En entrant ils tombèrent nez à nez avec Liz qui se déchaînait sur One Way or Another de Blondie qui sortait à plein volume de la chaîne. Elle sautait dans tous les sens en petite culotte et tee-shirt, s'agitant plus que dansant sur la table basse du salon. Quand la musique cessa, elle releva la tête et vit les deux visiteurs amusés qui attendaient sur le pas de la porte.
— On merde ma soeur et son mec, dit-elle en tentant de tirer son tee-shirt pour paraître moins nue, tentative vouée à l’échec puisqu’en temps normal ledit tee-shirt ne couvrait pas son nombril.
Une tête émergea du canapé, une cigarette au coin des lèvres.
— Claire, Marc, c’est Sabrina, une amie. Merde Sabrina, enfile quelque chose, tu vas pas rester nibards à l’air devant ma frangine.
La tête replongea vers le tee-shirt qui traînait sur le sol, et s’habilla avant d’aller saluer les nouveaux venus. Sabrina portait la même tenue que Liz, pas grand-chose donc. Un tee-shirt qui peinait à contenir sa poitrine, et ne couvrait rien de son ventre, ainsi qu'une culotte du même rose que celle de Liz. Marc et Claire étaient tout heureux d’avoir mis Liz un peu mal à l’aise par leur interruption dans ce qui devait être une parade nuptiale complexe. C’était une sorte de revanche envers celle qui ne semblait ne s’offusquer de rien, n’être dérangée par rien, prendre tout à la légère.
Liz reprit vite le dessus et évacua sa gène, et embrassa goulûment Sabrina quand celle-ci vint prendre congé, et lui assena une petite tape sur les fesses qui lui tira un gloussement.
— Je ne vous attendais pas aussi tôt, dit Liz en embrasant Marc et Claire, une fois Sabrina partie.
— C’est bête, en effet, on serait arrivé dix minutes plus tard, je suis certain que le spectacle aurait été plus chaud, dit Marc en réprimant un rire.
— Je t’ai toujours dit que c’était un pervers, dit Liz en se tournant vers Claire et avant de tirer la langue à Marc.
Liz les aida à descendre les valises et à les installer dans leur chambre. Claire se retint de faire le moindre commentaire en jetant un oeil sur le désordre environnant. Sa soeur était de toute façon incapable de ranger et lui en faire le reproche ne changerait rien.
— Ça fait longtemps que tu connais cette fille, lui demanda-t-elle en rangeant les vêtements dans l’armoire ?
— Je l’ai rencontrée au village, au bal du 14 juillet. Elle est sympa. C’est pas sérieux entre nous, mais c’est un bon coup.
— S’il te plaît Liz, pas de commentaire, pas de détail.
Liz s’affala en travers du lit en éclatant de rire. Elle était heureuse de voir sa soeur, et encore plus de savoir qu’elle allait être tatie dans quelques mois. Marc passa la tête par la fenêtre et dit qu’il allait faire un tour au village. Claire lui demanda pourquoi, mais il était déjà parti. Il revint une heure plus tard avec un VTT flambant neuf.
— Qu’est-ce que c’est que ce vélo, demanda Claire ?
— J’ai décidé de faire un peu d'exercice pendant les vacances, répondit Marc en poussant sa bicyclette vers la grange.
Claire se tourna vers sa soeur qui était tout aussi surprise qu’elle pas la révélation que venait de leur faire Marc. Lui qui était réfractaire à toute forme de sport, et dont la seule performance physique était de faire une heure de marche par jour, pour se rendre et rentrer du boulot. Cet allergique au sport venait de leur dire qu’il allait faire de l’exercice. Et il avait acheté un vélo pour confirmer ses propos.
— Ce doit être la perspective de la paternité qui lui fait perdre les pédales, dit Claire sans vouloir faire de jeu de mots, mais qui fit tout de même rire Liz.
— Je crois que le spectacle de ton mec en plein effort doit être un spectacle réjouissant, tout autant que de me voir me déhancher en petite culotte.
Ce n’était pas la future paternité qui avait poussé Marc à s’acheter un vélo, ni l’envie d’entretenir son corps. Il avait peur de passer du temps avec Claire, qu’elle voit dans es yeux la culpabilité qui le tenaillait depuis qu’il avait couché avec Julie. Faire du vélo lui permettrait de s'éclipser une ou deux heures par jour.
Le lendemain, peu après le déjeuner, il enfourcha sa monture, et sous le regard moqueur des deux soeurs il partit sur les routes pour une ballade. Marc sentit bientôt ses muscles se venger des années d’inactivité qui leur avait imposé. Ses ridicules heures de marches n’étaient pas suffisantes pour qu’ils se détendent, se renforcent et puissent alors qu’il avalait les premiers kilomètres de son excursion faire avancer son VTT sans qu’il ne grimace de douleur. Il rentra après deux heures et une vingtaine de kilomètres. En descendant du vélo, il marchait difficilement, il avait mal aux cuisses, aux fesses, aux épaules. Il dégoulinait de sueur. Claire et Liz, allongée sur des transats, le regardèrent passer misérable. Elles eurent la gentillesse de ne pas rire devant lui. Il les entendit pouffer une fois qu’il fut rentré dans la maison;
Il resta longtemps sous le jet de la douche. L’eau fraîche arrivait à faire disparaître sa transpiration, mais les douleurs musculaires restaient présentes. En d’autres temps, il aurait pris la décision de tout arrêter, le ranger le VTT dans la grange et de ne plus y toucher. Aujourd’hui, il se dit que cette douleur, cette souffrance étaient bienvenues, il avait besoin de souffrir, de se mettre lui même, de son plein gré à la torture. Il avait trompé la femme qu’il aimait, la femme qui portait son enfant. Il pouvait supporter quelques douleurs musculaires.
Il reprit la route le lendemain. Le soleil tombait sur ses épaules comme du plomb. Le plomb dont semblaient faites ses jambes. La nuit n’avait pas fait disparaître la fatigue. Elle l’avait saisie au premier virage en sortant de la ferme. Il n’avait pas voulu faire demi-tour, moins par crainte des moqueries de Claire et Liz, que parce qu’il savait que c’était une bonne chose. Plus il souffrait, moins il se sentait coupable. Après une heure il se sentit incapable d’avancer plus. Il s’effondra sur le côté de la route, dans un fossé sec. Il fit couler le reste de sa bouteille d’eau sur son visage. Il n’avait pas parcouru dix kilomètres. Huit petits kilomètres pénibles, interminables, et qu’il lui faudrait faire en sens inverse pour rentrer. Il entendit quelques voitures passer. Il perdit conscience, s’enfonça dans un sommeil léger, dont il sortit en entendant une camionnette klaxonner en le dépassant. Il releva la tête, s’en voulut d’avoir gâché son eau, attrapa son vélo et remonta en selle. Les huit kilomètres qu’il fit pour rentrer à la ferme furent les plus longs, les plus douloureux qu’il n’eut jamais à parcourir. Sa gorge était sèche, ses jambes était à chaque coup de pédale prêtent à abandonner la partie. Il rêvait d’eau fraîche, du goût d’une pêche, de son jus sucré coulant dans sa bouche, dans sa gorge. Cette seule idée lui permit de tenir le coup, d’avancer au ralenti sur cette route de campagne où passaient quelques voitures qui le dépassaient en le frôlant.
Il vit enfin la ferme se profiler à l’horizon. Il tenta d'accélérer l’allure, mais il en était incapable. Il fit les derniers mètres au pas. Il arriva encore plus pitoyable que la veille. Il ne prit pas la peine de ranger son VTT, le laissa tomber sur le sol devant la grange. Claire quitta son transat pour venir l’accueillir. Elle eut peur en le voyant livide, avancer péniblement jusqu’à la maison. Elle lui demanda s’il allait bien. Il passa à côté d’elle sans l’entendre. Il se rua vers le frigo, attrapa une bouteille de Perrier et l’avala d’un trait. Il se sentit revivre alors que l’eau et les bulles parcouraient son corps. Il laissa tomber son bermuda et son tee-shirt trempés de sueur sur le sol du couloir et s’effondra dans la douche sous le jet d’eau tiède.
Claire se pencha sur lui. Elle lui caressa la tête. Il leva les yeux vers elle. Il pleurait. De douleur, de honte aussi. Elle était si tendre avec lui. Elle ne vit pas ses larmes.
— Tu es fou de faire ça, lui dit-elle alors qu’il s’essuyait. Tu n’as pas la condition physique pour ce genre d’effort.
Il la regarda avec tendresse. Elle avait raison. Elle avait toujours raison. Il l’embrassa. Il grimaça en la serrant dans ses bras.
Marc fut absent pendant le dîner. Il ne réagissait pas aux blagues de Liz. Répondait par monosyllabes, piqua du nez dans sa salade de fruits. Claire fut à deux doigts d’être obligée de le porter jusqu’au lit. Il s’y traîna, et sombra dans le sommeil à peine allongé.
Il se réveilla tard le lendemain. Il était 11 h. Claire et Liz préparaient le déjeuner quand il émergea dans la cuisine. Il se servit un verre de jus d’orange frais, qu’il but d’un trait. Etrangement il se sentait en pleine forme. Il avait encore quelques courbatures, mais dans l’ensemble il se sentait bien. Il ne savait pas encore s’il aurait le courage de reprendre la route, cependant, à la différence de la veille où cette idée ne lui effleurait pas l’esprit, il envisageât de le faire.
Il déjeuna avec les deux femmes qui le regardaient d’un drôle d’air. Il leur raconta en détail ses mésaventures, ce qu’il n’avait eu le courage de faire avant. Liz riait. Claire moins. Quand elle le vit aller dans la grange elle s’inquiéta.
Marc resta un moment à regarder sa monture. Etait-il raisonnable de s’infliger une nouvelle séance de torture ? La déconfiture de la veille ne lui avait-elle pas suffi ? Claire posa la main sur son épaule.
— Tu ne vas pas repartir, pas après ce qui s’est passé hier ?
Il l’embrassa. Plongeat dans ses yeux. Il y voyait toute l’angoisse qui étreignait Claire à l’idée qu’il remonte en selle. Il s’en voulut de lui causer de tout cela, mais ce n’était pas le plus grave. Il avait couché avec Julie, alors qu’il crache ses poumons , qu’il vomisse tripes et boyaux, qu’il sue sang et eau sur des petites routes de campagne, ce n’était rien.
— Ne t’inquiète pas, je me sens bien, je ne vais pas forcer, dit-il en attrapant son vélo par le guidon et le sortant de la grange.
Il attrapa son sac à dos, y glissa deux bouteilles d’eau, enfonça les écouteurs de son iPod dans ses oreilles, mit Elvis Presley et quitta la ferme.
Le soleil tapait sur ses épaules aussi fort que la veille, mais au lieu de le faire souffrir il en tirait de l’énergie pour avancer. Il roula sans effort, le ruban d’asphalte glissait sous les roues de son VTT, il avalait les kilomètres. Il s'arrêta à un carrefour sous un platane. Il était parti depuis une heure. Il ne se sentait pas fatigué. Ses jambes moulinaient sans douleur. Il avala une longue gorgée d’eau, regarda le compteur digital accroché à son guidon. Il avait fait 13 kilomètres. Il en tira une certaine fierté. Il fit demi-tour et rentra à la ferme. Il ne sentit la fatigue qu’ont quelques encablures de la maison. Une douleur différente de celle qui avait ressenti la veille. Une douleur agréable.
Après s’être douché et avoir avalé un Perrier et une pêche, il alla en ville acheter une carte détaillée des routes du secteur. En rentrant, il établit des itinéraires pour les prochains jours. Il se concocta des circuits d’une vingtaine de kilomètres autour de la ferme. Au fil des jours il dut les élargir. Dans les derniers jours des vacances, après trois semaines sur les routes, il était arrivé à des itinéraires de 80 kilomètres. Il partait le matin vers 10 heures, prenait un pique-nique, et ne rentrait qu’en milieu d’après-midi. Pendant ses escapades le monde n’existait plus, son univers se limitait au ruban d’asphalte qui se déroulait sous ses yeux, seul comptait le prochain coup de pédale, le reste se perdait dans les brumes de la douce douleur qui tombait sur lui au fur et à mesure que les kilomètres s’accumulaient encore et encore, jusqu’à ce il rentre au port. Claire l’attendait allongée sur son transat, un livre en main. Il allait la rejoindre après être longtemps resté sous le jet de la douche, une bouteille de Perrier à la main. Il s’installait à ses côtés, échangeait quelques mots, et sombrait dans une sieste réparatrice. Il se sentait bien, détendu, toute la culpabilité était partie, extraite de son corps par tous les pores de sa peau, entraînée par la sueur.
Claire raccrocha. Elle n'avait pas convaincu la mère de Marc que son fils était devenu un vrai cyclotouriste, avalant presque cent kilomètres par jour. Elle reconnut que si elle n’avait pas été témoin de cette transformation, elle aurait eu du mal à y croire elle aussi.
Elle regarda sa montre. Marc ne serait pas là avant une heure encore. Elle reprit sa place sur le transat, se replongeat dans sa lecture. Depuis que Liz était partie, c’était sa seule activité de la journée en l’absence de Marc. Elle ne prenait pas la peine de se préparer un déjeuner, avalait un ou deux tomates, un fruit. Elle lisait à l’ombre du platane géant. Marc avalait les kilomètres, elle engloutissait les pages. Elle lisait un livre de 400 pages par jour. Et elle s’ennuyait. Elle n’était pas venue ici pour se perdre dans les livres. Elle était là pour passer du temps avec Marc. Le sentir à ses côtés, parler, rire, manger, boire, faire l’amour, marcher main dans la main, aller au marché, le regarder préparer un repas, l’écouter lui expliquer ce qu’il faisait penché au-dessus des casseroles. Difficile de faire tout cela quand il n’était pas là. Et quand enfin il était présent, il était trop fatigué pour faire quoi que ce soit. Il faisait la sieste, s’endormait à table, et ne l’avait pas touché de tout le séjour. Elle pensait à l’été précédent. A leurs soifs insatiables l’un de l’autre. Ils avaient fait l’amour dans toutes les pièces de la maison, et même dans la grange un soir d’orage. Ils étaient rentrés avant qu’il n’explose, revenant du village où ils avaient dîné au restaurant. Ils avaient garé la voiture dans la grange, la pluie avait commencé à tomber avant qu’ils ne traversent la cour pour rentrer dans la maison. Il tombait des cordes. Ils entendaient le tonnerre, étaient éblouis par les éclairs qui illuminaient l’intérieur de la grande en se faufilant entre les planches disjointes. Elle avait eu peur d’un coup de tonnerre plus fort que les autres et s’était réfugiée dans ses bras. Il l’avait serré contre lui. Elle sentait le coeur de Marc battre sous sa chemise. L’odeur de terre mouillée s’était mêlée à son parfum. Elle l’avait embrassé, il l’avait pris par la main et étaient montée à l’étage en gravissant l'échelle branlante. Au milieu du tumulte des éléments et des vieux meubles, ils avaient fait l’amour. Il n'avait pas prêté attention à la fin de l’orage, ni aux gouttes de pluie qui tombaient du plafond et se mêlaient à leur sueur.
Elle fut parcourue d’un frisson en se remémorant cet événement. Hors de question que cela se reproduise cette année. Elle entendit les pneus du VTT crisser sur les graviers de l’allée. Marc souriait, et grimaçait en même temps. Des gouttes de sueur lui coulaient le long des tempes, sur le front, partout. Il était beau, bronzé, luisant. Claire aurait voulu le prendre contre elle, en elle, là, dans l’instant, sur le transat, sur le sol, sur l’herbe jaunie par le soleil. Marc passa à côté d’elle sans voir l'excitation qui illuminait son regard. Il accrocha son vélo dans la grange. Embrassa Claire. Elle fit glisser sa langue sur ses lèvres, goûtant le sel de la transpiration de Marc qui était déjà parti se doucher. Elle avait déjà tenté de le rejoindre, de lui offrir le repos du guerrier, mais il l’avait gentiment éconduite, disant qu’il n’était pas en état. Trop crevé pour ça.
— C’est à cause du bébé ?
Marc regarda Claire au-dessus de son verre de vin. Il était interloqué par cette question. Ne sut que répondre.
— C’est à cause du bébé que vous partez vous abrutir sur votre vélo, que vous ne passez plus de temps avec moi, que vous ne me touchez plus que du bout des lèvres, et encore ?
Claire voulait savoir ce qui se passait dans la tête de Marc. Le coup de téléphone de Monique l’avait plus perturbé qu’elle ne le pensait. Comme avait dit sa mère, ce n’était pas normal que Marc se mette comme ça, d’un coup, à faire du sport.
— Non, c’est que...
La phrase de Marc resta en suspens. Il n’avait pas prévu ce genre de situation. Pas prévu de réponse. Claire lui aurait demandé s’il y avait une autre femme dans sa vie, là il aurait su quoi lui répondre. Il avait répété des dizaines de fois sa réponse. Claire attendit qu’il reprenne la parole. Elle ne voulait pas le brusquer, mais elle ne le laisserait pas s’en sortir.
— En fait, oui, je crois. Je crois que je ne suis pas encore tout à fait prêt à ça. Je ne sais pas si je pourrais être un bon père, si je suis fait pour ça. Et puis je l’imagine, là dans votre ventre, grandissant. Ne m’en veux, mais j’y pense comme un parasite. Comme un alien qui sentirait tout. Je ne peux pas m'empêcher de le voir quand je vous regarde. Je suis à la fois transporté de joie de voir ça, de savoir que je vais avoir un enfant avec la femme que j’aime, mais aussi pétri d’angoisse à cette idée.
Claire sentit des larmes lui monter aux coins des yeux. La réponse de Marc la rassurait. C’était un idiot. Mais il n’avait pas cessé de l’aimer. Elle se leva, alla l’embrasser. Lui tint la tête entre ses mains, le regarda droit dans les yeux.
— Tout va bien se passer, vous allez voir. Il n’y a aucune raison de s’angoisser.
Elle l’embrassa de nouveau. Plus longuement, plus passionnément.
— Votre mère a appelé aujourd’hui, je crois qu’il va falloir le lui dire, et à la mienne aussi.
lundi 22 février 2010
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire