jeudi 4 février 2010

Chapitre III

Claire sentit Marc reposer son bras sur le matelas. Le bras qui juste avant lui entourait la poitrine. Elle n'eut pas besoin d’ouvrir les yeux et de consulter le réveil sur sa table de chevet. Elle savait qu’il était 6 h. Marc se levait tous les matins à la même heure. Tous les matins il prenait des précautions pour ne pas la réveiller. Il n’utilisait pas de réveil, se contentant de faire vibrer son portable. Il n’allumait pas la lumière. Sortait sur la pointe des pieds. Tirait doucement la porte derrière lui. Ou comme ce matin essayant de se dégager le plus délicatement possible de son étreinte. Rien n’y faisait, elle le sentait partir. Elle ne se réveillait pas vraiment. Elle émergeait juste un peu du sommeil, le temps de l’entendre se préparer et quitter l’appartement.
Elle ne lui disait rien, pour ne pas le faire culpabiliser plus qu’il ne le faisait déjà. Elle imaginait que s’il savait que chaque matin elle sortait, ne serait-ce qu’un instant du sommeil par sa faute, il aurait pris encore plus de précautions pour éviter que cela se produise, jusqu’à dormir sur le canapé.

Le premier matin déjà il avait tout fait pour la quitter le plus discrètement possible. Ce premier matin qui avait succédé à leur première nuit, elle l’avait suivi. Il s’était excusé de la réveiller, disant qu’il devait partir travailler, que... Elle avait fait taire ses excuses d’un baiser et s’était levée avec lui. Elle lui avait préparé du café. Il avait souri en prenant la tasse qu’elle lui tendait, lui expliquant qu’il ne buvait pas de café le matin. Elle s’était excusée, mais il avait bu sa tasse tout de même, en avalant une tranche de brioche. Elle avait bu elle aussi une tasse de café, ce qui, elle le savait signifiait que sa nuit était terminée, qu’elle n’arriverait plus à trouver le sommeil. Ceci étant fait, elle pouvait tout aussi bien le suivre sous la douche. Il fut surpris de la voir arriver, sans pour autant être déçu. Il lui dit qu’il n’avait pas le temps de... Une nouvelle fois elle le fit taire d’un baiser. Elle n’avait pas d’idées mal placées, quoique, elle était juste venue pour lui tenir compagnie, pour rester un peu plus avec lui. Elle savait qu’il devait partir, qu’il devait aller travailler, est-ce que c’était une raison pour se quitter comme ça, aussi vite ? Il lui retourna son baiser, et sortit de la douche. S’essuya dans une large serviette dont il s’entoura les hanches. Claire enfila un peignoir et sourit quand Marc se mit à râler devant le miroir. Il n’avait pas de rasoir. Il n’aimait pas aller au boulot mal rasé, en négligé comme il dit. Claire lui suggéra de se laisser pousser la barbe. Il la regarda amusé, « Vous croyez que ça m’irait ? » demanda-t-il. Elle ne répondit pas. Elle se contenta de le regarder se brosser les dents. Après avoir craché dans le lavabo, il se coiffa en passant ses mains dans ses cheveux. Elle eut envie de le décoiffer, là, tout de suite, pour le faire rester deux minutes de plus, le temps qu’il râle, et qu’il se recoiffe.
Il s’habilla dans la chambre. Il avait pris soin la veille de bien plier ses vêtements. Dans le feu de l’action, il avait pensé à plier sa chemise. Claire avait trouvé cela touchant. Elle l’observait depuis le lit. Elle s’était assise au pied de ce dernier, jambes croisées, légèrement cambrée en arrière, ses mains posées derrière elle sur le lit défait, le peignoir entrouvert. Marc en se tournant vers elle plongea son regard dans cet entrebâillement calculé.
— Vous voulez vraiment que je sois en retard, lui dit-il en s’approchant d’elle pour un dernier baiser.
Claire aurait voulu qu’il porte une cravate. Elle se serait alors accrochée à celle-ci, et l’aurait attirée vers elle. Marc se pencha vers elle. Malicieuse, Claire se recula, lentement, jusqu’à être allongée sur le lit, leur lit. Marc la suivi, s'allongeât sur elle, l’embrassa longuement, voluptueusement, et se releva.
Claire referma son peignoir. Il ne servait plus à rien qu’elle attrape froid. Elle le regarda enfiler son blouson, donner une caresse à Woodstock qui dormait sur le canapé. Il mit son sac sur son épaule, revint, vers elle pour un dernier dernier baisé, et lu fit un signe de la main en quittant l’appartement.
Claire résista à l’envie de se mettre à la fenêtre pour le voir partir dans la nuit. Elle vint s’asseoir à côté de Woodstock qui dormait encore. Elle se mit à le caresser doucement.

Claire entendit le bruit de la douche, le son du rasoir électrique de Marc, ses pas dans le couloir. Elle n’avait toujours pas ouvert les yeux. Il devait être 6 h 30. Marc allait s’habiller dans le salon. Il dirait quelques mots à Woodstock. Lui donnerait une caresse, et si le chat ne dormait pas elle l’entendrait miauler quand Marc quitterait l’appartement en tirant doucement la porte derrière lui. Alors, elle ouvrirait les yeux, se tournerait, regarderait l’heure sur l’affichage digital de son réveil, se retournerait et profiterait d’une heure de sommeil avant de se lever à son tour.

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